Soulèvement de dossiers sensibles contre Patrice Talon : Une victimisation qui peut bousculer les compteurs électoraux
.Au détour du conseil des ministres du 25 octobre dernier, le gouvernement a dessouché des dossiers de prévarications supposées contre l’opérateur économique, Patrice Talon, tombé en disgrâce avec le chef de l’Etat, et aujourd’hui candidat à sa succession. Si cette attitude de l’Exécutif n’est pas le fruit d’un deal avec Patrice Talon, cette victimisation peut le faire monter en flèche dans l’estime des Béninois
A moins d’encourager le règne de
l’impunité, chacun devrait subir les conséquences de ses actes dans une
République. Mais certaines circonstances obligent à faire momentanément l’autruche pour éviter
des situations ingérables. Le conseil des ministres du 25 octobre dernier qui
désigne Patrice Talon comme la vermine de la République depuis tout au moins
1994 semble manquer d’élégance, de finesse et de stratégie. Nombre de Béninois
se sont demandés s’il est opportun de dessoucher des affaires, en cette période
de précampagne électorale, contre cet homme qui ne fait plus mystère de sa
candidature pour 2016. A tout le moins,
chaque Béninois a sa religion sur ce conseil des ministres.
Pour rappel, le retour au bercail
de Patrice Talon a été le fruit de hautes compromissions. Selon certaines
confidences, les présidents français et ivoirien ont joué un rôle majeur dans
la médiation entre les deux frères ennemis pour faire baisser le mercure. Il
était dit, a-t-on appris, que Boni Yayi et Patrice Talon s’engagent
mutuellement à éviter toutes attaques personnelles et toutes provocations. C'est
ce qui d’ailleurs justifie le come-back
en catimini de l'opérateur économique dont on connaît la propension à la java
en de pareilles occurrences.
La victimisation au Bénin a
bonne recette
Aujourd’hui que le gouvernement
et son chef agissent dans l’intérêt d’inquiéter Patrice Talon relève d’un
parjure. Boni Yayi avait pourtant, selon nos informations, promis à Alassane
Dramane Ouattara de ne pas remettre en cause ses engagements à cet effet.
Au demeurant, il faut indiquer
que le soulèvement des charges contre Patrice Talon en cette période n’est pas
de nature à garantir la paix. On peut légitimement se demander pourquoi Boni
Yayi et son gouvernement ne laissent-ils pas le prochain chef de l’Etat et son
équipe demander des comptes à Talon ?
Il est une lapalissade que les
trois années d’exil de l’ancien soutien financier de Boni Yayi lui ont été
pénibles. De ce point de vue, un autre
exil ne lui serait point digeste.
A moins d’être un deal entre Yayi
et Talon, le dernier conseil des ministres a un relent de chasse aux
sorcières. Or, la victimisation au Bénin
a bonne recette. On se rappelle que c'est cette victimisation qui a
fondamentalement permis au candidat Boni
Yayi de se faire élire président de la République, en 2006. En ce moment, ses
détracteurs lui faisaient le procès de n’avoir pas une résidence particulière
au Bénin. La moindre attaque contre Talon risque de le mettre irrésistiblement
dans l’estime de ses compatriotes et de lui ouvrir le boulevard du palais de la
Marina.
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