L’opposition contre Talon se dessinera plus tôt que prévu

Talon, bientôt seul contre tous
A pas feutrés, Patrice Talon nomme ses compagnons de première heure aux postes stratégiques de la République, pendant que ceux de l’alliance de la Rupture brûlent d’impatience. A cette allure, l’opposition contre son régime risque de se dessiner tôt, non pas dans le rang de ses opposants naturels mais dans son propre camp.

Sous le règne de Patrice Talon, la République vit au rythme de nominations à pas d’escargot. Les premiers lauréats aux postes les plus en vue sont les anciens amis du  nouveau locataire de la Marina. L’actualité des nominations donne à observer, ces derniers jours, que se sont les amis du chef, ceux avec qui il a souffert le martyre sous le régime défunt, qui sont contentés. Point n’est besoin de citer des noms pour en avoir le cœur net.
Pendant ce temps, ses alliés du second tour de la présidentielle s’impatientent. Ils estiment ne pas être  encore dans  la baraka du chef pour être élus à gérer une parcelle de pouvoir. Et c’est bien leur impatience qui risque d’écourter le délai de grâce du nouvel élu. Patrice Talon risque, à moins de revoir sa copie, de les avoir à dos. Bien entendu, plus leur espoir de servir la nation est grand, plus leur déception de ne pas pouvoir se faire inviter tôt  à la table de gestion de la République avant la fin du quinquennat unique promis par Patrice Talon risque d’être violente. Une opposition risque donc de s’annoncer plus tôt qu’envisagé.
En sus de cela, il faut compter avec les adversaires du chantre du Nouveau Départ à la compétition présidentielle de mars dernier. Ces derniers, selon les indiscrétions, se préparent pour opposer à celui qui se fait appeler le « compétiteur-né », en son temps, une forte concurrence. Les moindres erreurs du régime sont passées au peigne fin. Ses égarements, n’en parlons pas ! D’ailleurs, c’est l’attitude contraire qui devrait étonner, quand on sait que les affidés du chef chantent pour le moment ses louanges.
Mais l’addition des oppositions n’arrangera guère  la gouvernance à l’ère du Nouveau Départ qui sera, le cas échéant, un départ manqué. Face à la météo relationnelle qui semble ne pas aller au profit de Patrice Talon, il faut craindre pour la réussite de son mandat axé sur des réformes. L’avalanche d’oppositions qui se dressera contre lui ne lui laissera pas le loisir de décliner, comme souhaitée, la batterie de réformes qu’il entend mettre en chantier. Talon a certes son rythme, mais la fronde contre son régime risque d’être plus tonitruante que sous Boni Yayi.

 Le Bénin, l’appendice des préoccupations des "amis" de Talon

De plus en plus, Patrice Talon doit revoir à la baisse ses intentions de gouverner le Bénin. Le miracle qu’il promet de faire risque de faire un flop. Et pour cause, dans ses rangs, le pouvoir est considéré comme un business. Dans son entourage, plusieurs y sont, non pas dans l’intérêt du pays, mais pour des besoins de subsistance. La preuve, on retrouve parmi ses soutiens des gens qui l’ont férocement combattu. Les ralliements qu’il a recueillis lors du deuxième tour de la présidentielle en sont bien évocateurs. Ses derniers alliés lui ont fait allégeance, non pas parce qu’ils ont pris des risques, mais parce qu’ils ont suivi la direction du vent favorable. Le paradoxe, ce sont ces derniers qui, à mots couverts, le critiquent dans ses nominations. Ils ne lui donnent  pas le temps de prendre ses marques parce qu’ils qualifient son rythme de lent.
A la vérité, il ne faut pas être dupe. Talon a joué à l’unanimiste pour gagner la présidentielle dernière parce qu’il n’avait pas besoin de tant de soutiens pour se faire élire. D’aucuns disent qu’il a fait preuve de beaucoup de ruse pour réussir. Si à l’épreuve du temps, ces alliés de dernière minute se dressent ouvertement contre lui, on serait en droit de dire qu’ils n’ont le pays que comme l’appendice de leurs préoccupations. Et à ce rythme, il faut craindre une situation d’instabilité pour le pays, car le précipice n’est pas loin.


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