La vérité sur le soulèvement des détenus vendredi dernier à la prison civile de Missérété

Vendredi dernier, les 44 détenus de la prison civile de Cotonou transférés à la prison civile de Missérété se sont violemment soulevés, pour protester contre leur transfèrement ainsi que leurs conditions de détention. Face à la fronde des mutins, il a été décidé de leur retour dans leur prison d’origine.



La violence s’est invitée, vendredi dernier, à la prison civile de Missérété. Les 44 détenus de la prison civile de Cotonou, transférés récemment dans ce centre de détention, ont exprimé violemment leur mécontentement. De sources proches de la prison civile de Missérété, ce n’est pas la première fois que ces détenus manifestent leur dépit contre leur transfèrement. Bien avant, ils avaient fait part de leur refus d’être transférés à la prison civile de Missérété à partir de la prison civile de Cotonou. Les mêmes sources indiquent que suite à leur transfèrement, ils avaient tenté une première  rébellion, contenue par le  régisseur de cette prison. Pour ces détenus dont le dossier de certains est encore en instruction, ils avancent que leur transfèrement ne leur donne pas la garantie d’être mieux informés de l’évolution de leur situation. Par exemple, pour des raisons de la cause, le juge  instructeur peut procéder à tout moment à une mesure sans qu’ils ne soient informés à temps. Souvent, c’est le jour de leur audition qu’ils constatent qu’ils doivent quitter la prison pour être écoutés. De ces dysfonctionnements et bien d’autres, ils n’en ont que cure. C’est pour ces raisons, en l’occurrence, qu’ils ont planifié une rébellion pour se faire entendre  et réclamer leurs droits.

Les 44 détenus transférés à nouveau à Cotonou


Insatisfaits,  dans la matinée du vendredi dernier, une source pénitentiaire avance que ces détenus ont pris en otage le gardien chef, qui est allé s’enquérir de leur situation, munis de poignard. La même source indique que ces détenus ont intimé l’ordre à ce dernier de leur remettre les clés des portes des autres « quartiers » de la prison. Dans l’impossibilité de résister, la même source assure que le gardien chef  a obtempéré aux injonctions de ses « bourreaux ». En possession des clés, ces derniers ont procédé à l’ouverture systématique des portes des « quartiers » qui les séparent de l’administration tout en saccageant plusieurs infrastructures de cette maison pénitentiaire. C’est à une porte près de l’administration que les forces de sécurité ont tenté de les maîtriser. Entre-temps, les mutins avaient concassé les pavés posés dans la prison pour en faire des projectiles. Face à l’intervention de la gendarmerie, ils ont riposté. Il a fallu du renfort pour que l’effectif de forces de sécurité en poste à cette prison puisse venir à bout de ces détenus rebelles. Il faut noter que, selon certains proches des détenus, l’affrontement entre détenus et forces de l’ordre a dégénéré. On avance des blessés graves du côté des détenus. Mais de sources pénitentiaires, on laisse croire que les éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale  (GIGN) venus en renfort aux éléments en poste à la prison au moment du soulèvement n’ont fait usage que de gaz lacrymogène et de  « bâtons » pour contenir les détenus qui, de leur côté, ont fait usage de projectiles faits de pavés concassés. En tout état de cause, on retient que les responsables pénitentiaires ont employé les méthodes  répressives d’usage dans les prisons. Au crépuscule (vers 18h), ne pouvant plus supporter le régime de privation auquel ils sont soumis, les détenus frondeurs ont, selon nos sources, accepté d’entrer en négociation. S’il n’est pas aisé de savoir avec exactitude les conclusions de cette négociation entre détenus frondeurs et responsables de la prison, on retient tout de même que le transfèrement à nouveau de ces détenus à la prison civile de Cotonou a été effectif depuis samedi dernier. Toute chose restant égale, la rébellion en prison n’étant pas exclue de la mesure de cumul de peines, l’acte de ces détenus sera certainement ajouté à leur dossier.

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